L’exposé : conseils méthodologiques

L’exposé est un exercice de synthèse. C’est une composition. Il ne diffère pas fondamentalement de la dissertation.

Dans l’un et l’autre cas, il s’agit de mettre en forme des connaissances (critiques) sur un sujet donné, en un temps limité et en vue d’une appréciation.

Vous veillerez donc toujours à rédiger une introduction. Aussi brève soit-elle, il importe en toutes circonstances de préciser de quoi vous parlez, pourquoi vous en parlez et comment vous allez en parler.

En général, le temps accordé par le donneur d’ordre (le professeur puis l’employeur) pour présenter le travail est (relativement) bref. Il importe donc de rechercher ce qui est attendu par la personne qui a formulé le sujet et/ou l’assistance. Relativement à cette dernière plus particulièrement, il est vivement recommandé de s’assurer au préalable de sa disponibilité d’esprit (temps et connaissances).

La maîtrise du temps imparti, qui est discriminante, suppose connues quelques techniques élémentaires. Les voici.

Les logiciels de traitement de texte permettent de renseigner le nombre de mots (et signes plus généralement) tapés. Lisez à voix haute votre texte de la manière dont vous le déclameriez spontanément. Souvenez-vous bien toutefois qu’un rythme trop soutenu rend difficile la prise de notes tandis qu’un rythme trop lent empêche de fixer l’attention. Arrêtez-vous au bout d’une minute. Mettez en surbrillance les phrases qui ont été lues. Voyez ensuite combien de signes ont été prononcés. Une des manières de procéder consiste à repérer dans la barre grisée inférieure du logiciel l’onglet « x mots ». Double-cliquez. Une fenêtre intitulée « statistiques » est censée s’ouvrir. Vous avez ainsi votre nombre de mots/minute. Il est dès lors plus simple de repérer le temps nécessaire à l’exposé. Si vous n’utilisez pas d’ordinateur, cela ne pose aucun problème. Lisez tout votre texte à voix haute ; chronométrez-vous ; ôtez ou ajoutez. Et pour parfaire encore votre maîtrise de l’exercice, filmez-vous ou bien déclamer votre texte devant un miroir. Vous pourrez ainsi repérer les mimiques à corriger.

Cet effort de calibrage du travail écrit à la maison terminé, il faut encore se garantir contre le défaut d’observance du temps. Cela consiste d’abord à indiquer dans la marge, montre en main, des temps de passage. Vous pourrez ainsi rapidement repérer si vous êtes en avance ou bien en retard sur le temps théorique en jetant très rapidement un coup d’œil sur votre montre. Cela suppose ensuite que vous soyez en capacité immédiatement d’adapter votre exposé, qu’il faille l’allonger un peu ou le réduire ici ou là. Rédigez des « tiroirs », c’est-à-dire quelques phrases qui prêtent moins à conséquence que le reste du texte, et ce dans chaque division utile : en retard, vous passez ; en avance, vous lisez.

Maîtrisez son temps de parole suppose l’emploi d’un chronomètre. Le portable pourquoi pas. Mais il faut veiller à le mettre en mode avion et à supprimer le mode économie d’énergie. Sans quoi, vous serez possiblement distraits par des notifications, pire des appels et serez nécessairement contraints de retaper le code de sécurité. Bref, vous perdrez de vue l’écoulement du temps (entre autres désagréments). Et si vous préférez utiliser une montre, réglez-la sur minuit, tirez la tige de remontoir. Lorsqu’on vous donne la parole, il suffit de l’enclencher. Votre montre est ainsi transformée en chronomètre.

– La parole est prise/donnée pour permettre au locuteur de communiquer…utilement. Dans la mesure où il est plus sage de penser que dire, l’exposé doit apporter à tout un chacun. Le fond importe. Cela va sans dire. La forme compte tout autant voire plus. Car aussi pertinent soit le propos, s’il n’est pas bien exposé, le travail sera réduit comme peau de chagrin. Pour faciliter l’adhésion/compréhension du public, évitez les banalités. Pour ce faire, avant même de commencer à réfléchir au sujet, interrogez-vous sur le niveau théorique de connaissances des personnes qui ont vocation à vous écouter. Variez en dernière intention le rythme, particulièrement lorsque vous passez d’une proposition à une autre, d’une subdivision de l’exposé à une autre. En ralentissant très notablement, le public repérera alors la césure et l’enchaînement logique. Les uns continueront de vous suivre sans difficulté. Les autres pourront rattraper le fil du propos. Tous devraient être en mesure d’apprécier votre exposé, peu important qu’il partage ou non votre thèse. Cette dernière précision pour vous faire entendre qu’il est temps, une fois les lectures faites, et votre réflexion mûrie, de livrer votre analyse critique du dispositif.

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