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FAQ - Litige avec le garagiste - Gdroit
❓ Foire aux questions

FAQ - Litige avec le garagiste

Toutes les réponses à vos questions sur l'obligation de résultat, le devoir de conseil, les recours et l'indemnisation.

📚 25+ Questions
⚖️ 2025 Mise à jour
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L'obligation de résultat du garagiste

Comprendre le régime juridique de la responsabilité

L'obligation de résultat signifie que, dans le cadre de la réparation d'une panne, le garagiste doit rendre à son client le véhicule parfaitement réparé et en bon état de fonctionnement. Le garagiste est contractuellement tenu, en intervenant sur un organe d'un véhicule, de restituer celui-ci en état de marche correct.

Depuis les arrêts de la Cour de cassation du 11 mai 2022, la terminologie a évolué : on parle désormais d'une double présomption de faute et de causalité. Concrètement :

  • Si des désordres surviennent ou persistent après l'intervention du garagiste, l'existence d'une faute est présumée
  • Le lien de causalité entre la faute et le dommage est également présumé
  • Vous n'avez pas besoin de prouver la faute du garagiste : celle-ci est présumée

La double présomption mise en place par la jurisprudence constitue un mécanisme protecteur pour le client :

1. Présomption de faute : Lorsque le véhicule ne fonctionne pas correctement après l'intervention du garagiste, ce dernier est automatiquement présumé avoir commis une faute. C'est à lui de démontrer qu'il a effectué les réparations dans les règles de l'art.

2. Présomption de causalité : Le lien entre l'intervention du garagiste et le dommage constaté est également présumé. Vous n'avez pas à prouver que c'est bien l'intervention du professionnel qui a causé ou aggravé la panne.

💡 En pratique : Il vous suffit de démontrer que la panne concerne l'élément sur lequel le garagiste est intervenu. Une fois ce point établi, c'est au garagiste de prouver qu'il n'a commis aucune faute pour s'exonérer de sa responsabilité.

Vous devez uniquement démontrer que la panne ou le dysfonctionnement concerne l'élément sur lequel le garagiste est intervenu ou qu'il est relié à cette intervention.

Selon la formule de la Cour de cassation : "Il appartient à celui qui recherche la responsabilité du garagiste de rapporter la preuve que les dysfonctionnements allégués sont dus à une défectuosité déjà existante au jour de l'intervention du garagiste ou sont reliés à celle-ci."

Éléments de preuve recommandés :

  • Factures détaillant les interventions effectuées par le garagiste
  • Ordre de réparation signé
  • Rapport d'expertise (amiable ou judiciaire)
  • Photos des désordres constatés
  • Témoignages (notamment d'un autre garagiste)
⚠️ Attention : Si la panne concerne un élément sur lequel le garagiste n'est pas intervenu, la présomption de responsabilité ne joue pas. Vous devrez alors prouver une faute du garagiste.

Le garagiste dispose de plusieurs moyens pour s'exonérer de sa responsabilité :

1. Preuve de l'absence de faute : Il peut démontrer qu'il a apporté tous les soins nécessaires à la réparation du véhicule et que les travaux ont été réalisés conformément aux règles de l'art.

2. Rupture du lien causal : Il peut prouver que la panne n'a aucun lien avec son intervention, par exemple :

  • L'intervention d'un autre garagiste après la sienne
  • Un défaut de la pièce fournie par le client lui-même
  • Un défaut d'entretien postérieur du véhicule par le client

3. Cause étrangère (force majeure) : Événement extérieur, imprévisible et irrésistible (rare en pratique).

4. Faute de la victime : Si le client a commis une faute qui a contribué au dommage (ex : utilisation du véhicule malgré l'allumage d'un voyant d'alerte).

Oui, le facteur temps est essentiel. Plus l'intervention du garagiste est ancienne, plus il sera difficile d'établir le lien causal entre son intervention et la panne survenue.

Exemples de jurisprudence :

  • Responsabilité retenue : Rupture d'une courroie de distribution remplacée 2 ans auparavant, sans intervention d'un autre professionnel entre-temps
  • Responsabilité écartée : Panne survenue après 6 000 km et près d'un mois après l'intervention
  • Responsabilité écartée : Avarie survenue 10 mois après l'intervention, avec recours à différents garagistes entre-temps
💡 Conseil pratique : Plus vous agissez rapidement après la constatation d'un problème, plus il sera facile d'établir le lien avec l'intervention du garagiste. Documentez immédiatement les désordres et conservez toutes les factures.

En principe, non. Le garagiste répond des vices ou des défauts de la pièce qu'il utilise pour l'exécution du contrat. En tant que fournisseur de pièces, il est tenu à la garantie des vices cachés.

Exception importante : Si c'est le client qui a fourni la pièce défectueuse, le garagiste peut s'exonérer de sa responsabilité.

⚠️ Conseil : Si vous fournissez vous-même les pièces de rechange, vous assumez le risque de leur éventuelle défectuosité. Préférez laisser le garagiste s'approvisionner lui-même pour bénéficier d'une meilleure protection.
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Le devoir de conseil du garagiste

Information, mise en garde et recommandations

Le garagiste est tenu d'une obligation contractuelle d'information qui prend la forme d'un devoir de conseil. Ce devoir comporte plusieurs aspects :

  • Informer le client sur l'état réel du véhicule et les réparations nécessaires
  • Conseiller sur l'opportunité des travaux demandés
  • Déconseiller les réparations inutiles ou disproportionnées
  • Alerter sur la nécessité de travaux complémentaires non demandés mais indispensables
  • Mettre en garde contre les risques d'une réparation partielle ou provisoire

Attention : La charge de la preuve de l'exécution de cette obligation incombe au garagiste. C'est à lui de prouver qu'il vous a correctement informé et conseillé.

Oui, absolument. Le garagiste est tenu d'apporter un conseil économique à son client, en appréciant le coût des travaux par rapport à la valeur du véhicule.

Il doit vous informer si :

  • Le coût des travaux est hors de proportion avec la valeur du véhicule
  • L'utilité de la réparation est douteuse compte tenu de l'état général du véhicule
  • Un remplacement de pièce serait plus judicieux qu'une réparation
💡 À savoir : Si le garagiste ne vous avertit pas de la disproportion entre le coût des travaux et la valeur du véhicule, il peut être condamné à rembourser le coût des réparations effectuées.

Non. Si des travaux complémentaires s'avèrent nécessaires, le garagiste ne peut pas les réaliser sans recueillir votre consentement préalable.

Conséquences en cas de travaux non autorisés :

  • Le garagiste ne peut pas vous réclamer le paiement de ces travaux
  • C'est à lui de prouver votre accord, idéalement par écrit
  • Une facture signée sans réserve peut constituer un commencement de preuve

Oui, mais dans certaines limites. Le garagiste doit vous alerter sur la nécessité d'effectuer d'autres interventions que celles sollicitées, à condition qu'il existe un lien entre l'intervention demandée et celle qui serait nécessaire.

Exemples :

  • Devoir de conseil étendu : Lors d'un changement de moteur, le garagiste doit conseiller de vérifier le niveau d'huile et l'état du radiateur
  • Pas de devoir de conseil : Lors d'un simple changement de balai d'essuie-glace, le garagiste n'a pas l'obligation d'alerter sur la nécessité d'une vidange

Le garagiste n'est pas tenu de procéder à une révision générale du véhicule pour chaque intervention, même mineure.

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Preuve et expertise

Constituer votre dossier et faire valoir vos droits

Non, l'expertise n'est pas obligatoire mais elle est fortement recommandée pour établir le lien entre l'intervention du garagiste et les désordres constatés.

Types d'expertise :

  • Expertise amiable : Réalisée par un expert automobile indépendant à votre initiative. Coût généralement compris entre 300 € et 600 €.
  • Expertise judiciaire : Ordonnée par le juge (en référé ou au fond). Plus coûteuse mais plus solide juridiquement.
Bonne nouvelle : Les frais d'expertise sont remboursables si la responsabilité du garagiste est retenue. Ils font partie des préjudices indemnisables.

Pour constituer un dossier solide, conservez tous les documents relatifs à votre véhicule et aux interventions du garagiste :

  • Devis établi avant les travaux (avec signature si possible)
  • Ordre de réparation signé détaillant les travaux commandés
  • Factures détaillées de toutes les interventions
  • Carnet d'entretien du véhicule
  • Contrôles techniques antérieurs et postérieurs
  • Photos des désordres constatés (avec date)
  • Correspondances avec le garagiste (courriers, e-mails, SMS)
  • Rapport d'expertise (amiable ou judiciaire)
⚠️ Important : Conservez le véhicule en l'état jusqu'à l'expertise. Si vous le cédez ou le faites détruire sans constatation préalable, vous ne pourrez plus prouver les désordres.

En cas de contestation de la qualité des travaux ou du montant de la facture :

  • Payez pour récupérer votre véhicule (le garagiste dispose d'un droit de rétention)
  • Portez des réserves écrites sur la facture et son double
  • Notez précisément les désordres constatés
  • Prenez des photos si possible
💡 Formule type de réserve : "Véhicule reçu avec réserves concernant [décrire les problèmes constatés]. Paiement effectué sous réserve de vérification du bon fonctionnement du véhicule."

Ces réserves écrites constitueront un élément de preuve important en cas de litige ultérieur.

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Indemnisation et préjudices

Ce que vous pouvez obtenir en réparation

En cas de responsabilité du garagiste, vous pouvez obtenir l'indemnisation des préjudices suivants :

Préjudices matériels :

  • Remboursement de la facture des réparations inefficaces
  • Frais de remise en état du véhicule (sans application de coefficient de vétusté)
  • Frais d'expertise (amiable ou judiciaire)
  • Frais de location d'un véhicule de remplacement
  • Frais de transport alternatif (taxi, transports en commun)
  • Frais d'immobilisation du véhicule pendant l'expertise

Préjudices immatériels :

  • Préjudice de jouissance (privation de l'usage du véhicule)
  • Trouble et tracas occasionnés par le litige
  • Préjudice moral (notamment en cas de mise en danger)
Important : Le garagiste ne peut pas appliquer de coefficient de vétusté. Vous avez droit à la remise en état complète du véhicule, dans une situation identique à celle existant avant la survenance des désordres.

Oui, en principe. Les frais de location d'un véhicule de remplacement sont indemnisables pour toute la période d'immobilisation imputable à la faute du garagiste.

La jurisprudence récente confirme que la victime n'est pas tenue de limiter son préjudice dans l'intérêt du responsable :

Il faut distinguer deux situations :

1. Réparations inefficaces : Si les réparations étaient nécessaires mais ont été mal effectuées, vous pouvez demander :

  • La reprise gratuite des travaux par le garagiste
  • Ou le remboursement intégral pour faire effectuer les travaux ailleurs

2. Réparations inutiles : Si le garagiste a effectué des travaux qui n'étaient pas nécessaires (erreur de diagnostic), ces réparations doivent être intégralement remboursées.

En revanche : Si les réparations étaient nécessaires et ont été correctement effectuées, vous ne pouvez pas en demander le remboursement, même si le véhicule connaît par la suite d'autres problèmes sans lien avec l'intervention.

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Procédures et recours

Comment agir pour faire valoir vos droits

Le délai de prescription de l'action en responsabilité contractuelle contre le garagiste est de 5 ans à compter de la découverte du problème (article 2224 du Code civil).

Points de départ du délai :

  • La date de découverte du défaut ou de la mauvaise réparation
  • Pour les désordres apparents : la date de restitution du véhicule
  • Pour les vices cachés : la date à laquelle vous avez eu connaissance du vice
⚠️ Attention : En matière de garantie des vices cachés (si vous avez acheté le véhicule au garagiste), le délai d'action est de 2 ans à compter de la découverte du vice (article 1648 du Code civil).

Étape 1 : Réclamation amiable

Adressez une lettre recommandée avec AR au garagiste :

  • Décrivez précisément les désordres constatés
  • Rappelez les interventions effectuées
  • Demandez la reprise des réparations ou le remboursement
  • Fixez un délai de réponse (15 jours généralement)

Étape 2 : Médiation (recommandée et gratuite)

Saisissez le médiateur de la consommation dont dépend le garagiste. Ses coordonnées doivent être indiquées sur les documents commerciaux du professionnel ou dans son établissement.

Étape 3 : Expertise (si nécessaire)

Faites constater les désordres par un expert automobile indépendant.

Étape 4 : Action en justice

En dernier recours, saisissez la juridiction compétente.

La juridiction compétente dépend du montant du litige :

  • Jusqu'à 10 000 € : Tribunal judiciaire (chambre de proximité) – Avocat non obligatoire
  • Au-delà de 10 000 € : Tribunal judiciaire – Avocat recommandé

Procédures spéciales :

  • Injonction de payer : Procédure rapide et peu coûteuse pour obtenir le remboursement d'une créance certaine
  • Référé-expertise : Pour faire désigner un expert judiciaire en urgence (avant que le véhicule ne soit réparé ailleurs ou détruit)
💡 Compétence territoriale : Vous pouvez saisir le tribunal du lieu de votre domicile, du lieu du siège social du garagiste, ou du lieu d'exécution du contrat (le garage).

Non, la médiation n'est pas obligatoire, mais elle est fortement recommandée pour plusieurs raisons :

  • Gratuite pour le consommateur
  • Rapide (délai de 90 jours en principe)
  • Souvent efficace pour les petits litiges
  • Préserve la relation avec le professionnel

Le garagiste est tenu de vous informer du médiateur dont il relève (article L. 616-1 du Code de la consommation).

Bon à savoir : La saisine du médiateur suspend le délai de prescription de votre action en justice pendant toute la durée de la médiation.
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Dépôt et garde du véhicule

Vol, détérioration et responsabilité du dépositaire

Oui, en principe. Le garagiste est tenu des obligations d'un dépositaire : il doit conserver le véhicule et le restituer dans l'état où il l'a reçu.

En cas de vol, le garagiste est présumé responsable. Pour s'exonérer, il doit prouver :

  • Qu'il a pris toutes les précautions nécessaires (système d'alarme, surveillance, etc.)
  • Ou qu'il s'agit d'un événement de force majeure (rare en pratique)
⚠️ Attention : Les tribunaux sont sévères. Laisser les clés sur le véhicule, les portes non verrouillées ou l'absence de système de surveillance peuvent être considérés comme des fautes excluant l'exonération.

Le garagiste est présumé fautif en cas de détérioration du véhicule qui lui a été confié (articles 1927, 1928 et 1933 du Code civil).

Vos démarches :

  • Constatez les dégâts immédiatement et prenez des photos
  • Portez des réserves écrites sur la facture
  • Envoyez une réclamation par lettre recommandée AR
  • En cas de refus, faites constater les dommages par un expert

Cette responsabilité s'étend également aux objets laissés à l'intérieur du véhicule (accessoires, bagages, matériel professionnel).

Oui. Le garagiste dispose d'un droit de rétention sur le véhicule tant que la facture n'est pas réglée. Ce droit est reconnu par la jurisprudence.

Conséquences :

  • Vous ne pouvez pas récupérer votre véhicule sans payer
  • Ce droit s'étend également aux documents administratifs (carte grise, etc.)
  • Le droit de rétention est opposable même au créancier gagiste (banque)
💡 Conseil : Si vous contestez la facture, payez quand même pour récupérer votre véhicule, mais portez des réserves écrites sur le reçu. Vous pourrez ensuite agir en justice pour obtenir un remboursement.

Cela dépend des circonstances :

Frais légitimes : Si vous tardez à récupérer votre véhicule après avoir été informé de la fin des réparations, le garagiste peut facturer des frais de gardiennage, à condition :

  • Que ces frais soient affichés ou mentionnés dans les conditions générales
  • Que vous ayez été mis en demeure de récupérer le véhicule

Frais non réclamables : Le garagiste ne peut pas vous facturer des frais de gardiennage si :

  • L'immobilisation est due à sa propre faute (réparation défectueuse)
  • Il exerce illégitimement son droit de rétention

À défaut d'indication d'un délai par le garagiste, celui-ci dispose de 30 jours pour réaliser la réparation (article L. 216-1 du Code de la consommation).

Si la réparation tarde :

  • Mettez le garagiste en demeure d'exécuter dans un délai raisonnable
  • Si le délai n'est toujours pas respecté, vous pouvez résoudre le contrat
  • Vous pouvez demander des dommages et intérêts pour le préjudice subi (location de véhicule, frais de transport, etc.)
Conseil : Faites toujours mentionner un délai d'exécution sur l'ordre de réparation. Cela vous permettra d'agir plus facilement en cas de retard.

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